" Le fait que la sentence avait été lue à vingt heures plutôt qu'à dix-sept, le fait qu'elle aurait pu être tout autre, qu'elle avait été prise par des hommes qui changent du linge, qu'elle avait été portée au crédit d'une notion aussi imprécise que le peuple français (ou allemand, ou chinois), il me semblait que tout cela enlevait baucoup de sérieux à une telle décision. "

" Le fait que la sentence avait été lue à vingt heures plutôt qu'à dix-sept, le fait qu'elle aurait pu être tout autre, qu'elle avait été prise par des hommes qui changent du linge, qu'elle avait été portée au crédit d'une notion aussi imprécise que le peuple français (ou allemand, ou chinois), il me semblait que tout cela enlevait baucoup de sérieux à une telle décision. "
Quelques mots sur l'auteur...

Albert Camus n'a pas connu son père. Il vit avec sa mère rue de Lyon à Belcourt, un quartier d'Alger. Il étudie à Alger ; il est très encouragé par son instituteur Louis Germain, qui lui permettra d'aller au lycée, puis par Jean Grenier, un de ses professeurs. Il dédiera son discours de Prix Nobel à cet instituteur. Les principaux thèmes de ses oeuvres sont l'absurde, l'éthique, l'humanité, l'amour et la politique. L'Etranger fait partie de ses principales oeuvres.

Résumé

Meursault vit en Algérie française.
Un jour, il reçoit un télégramme lui annonçant la mort de sa mère.Il se rend alors à l'asile de Marengo et assiste à la mise en bière, et aux funérailles. Il adopte une attitude assez neutre, même trop neutre en ne montrant aucune tristesse au sujet de la mort de sa mère.
Plus tard, en marchant seul sur la plage, il est aveuglé par la lumière et tire un coup de feu. Il tue un Arabe, puis tire quatre fois de plus, comme pour mettre fin à une existance trop heureuse.
Il va en prison ; son procès aura lieu cinq mois plus tard. Il refusera de mentir et ne dira que la vérité, de ses actes comme de ses sentiments.
Ce roman fait partie du « cycle de l'absurde ».

Critique

Je ne m'attendais pas vraiment à lire un roman de ce style là. J'ai donc été très surprise. Le roman est écrit de manière très simple, ça en devient parfois troublant même. Il raconte toutes ces actions dans les moindres détails et parfois on se demande pourquoi : "J'ai bu. J'ai eu alors envie de fumer. Mais j'ai hésité [...]". Les phrases sont courtes et souvent simples. Meursault est un personnage plus que bizarre. Rien ne le contrarie, rien ne le contente. Quand sa petite amie lui demande si il voudrait l'épouser, il répond en disant que si ça lui fait plaisir, il n'est pas contre. Soit... Le titre s'explique donc bien : L'Etranger. Un étranger au monde qui l'entoure, un étranger aux autres et même un étranger à lui-même.
Malgré tout ce monde assez troublant, ce livre m'a plu. Oui, c'est facile et rapide à lire, c'est plaisant. Et ça change des livres du quotidien. Non vraiment, j'ai du mal à expliquer les sentiments que cette lecture a suscités dans mon esprit... Si vous êtes plus curieux, lisez-le. Deux trois soirs. Simple :).


# Posté le mercredi 21 janvier 2009 17:01

Modifié le mardi 19 mai 2009 02:06

" Une sensation d'une telle violence qu'encore maintenant, après tant de temps écoulé, quand, amoindrie, en partie effacée elle me revient, j'éprouve... mais quoi ? quel mot peut s'en saisir ? pas le mot à tout dire "bonheur", qui se présente le premier, non, pas lui... "félicité", "exaltation", sont trop laids, qu'ils n'y touchent pas... et "extase"... comme devant ce mot ce qui est là se rétracte..."Joie", oui, peut-être... ce petit mot modeste, tout simple, peut effleurer sans grand danger... mais il n'est pas capable de recueillir ce qui m'emplit, me déborde, s'épand, va se perdre, se fondre dans les briques roses, les espaliers en fleurs, la pelouse, les pétales roses et blancs, l'air qui vibre parcouru de tremblements à peine perceptibles, d'ondes... des ondes de vie, de vie tout court, quel autre mot ?... "

" Une sensation d'une telle violence qu'encore maintenant, après tant de temps écoulé, quand, amoindrie, en partie effacée elle me revient, j'éprouve... mais quoi ? quel mot peut s'en saisir ? pas le mot à tout dire "bonheur", qui se présente le premier, non, pas lui... "félicité", "exaltation", sont trop laids, qu'ils n'y touchent pas... et "extase"... comme devant ce mot ce qui est là se rétracte..."Joie", oui, peut-être... ce petit mot modeste, tout simple, peut effleurer sans grand danger... mais il n'est pas capable de recueillir ce qui m'emplit, me déborde, s'épand, va se perdre, se fondre dans les briques roses, les espaliers en fleurs, la pelouse, les pétales roses et blancs, l'air qui vibre parcouru de tremblements à peine perceptibles, d'ondes... des ondes de vie, de vie tout court, quel autre mot ?... "
Résumé

Nathalie raconte dans son autobiographie son enfance passée entre sa mère et la Russie, son père et la France. Elle raconte tout d'abord la vie en Russie avec sa mère, insouciante, qui pense surtout au plaisir et la vie heureuse que mène sa fille. Puis elle part en France chez son père et Véra, son amie. Véra ne se mêle pas de Nathalie. Elle est plus occupée à élever Lili, sa fille, hurlante et criarde, que Nathalie ne supporte pas. D'ailleurs personne ne la supporte. Puis elle raconte sa passion pour l'école. Le soin avec lequel elle apprend ses leçons, fait ses exercices, ses petits trucs à elle pour mieux retenir. Elle parle de ses copines, de ses connaissances, des petits plaisirs de chaque jour, de tout ce qui l'entoure et l'a marqué.

Critique

Cette autobiographie est simplement magnifique. N. Sarraute a le don d'exprimer tout ce qu'on ressent au quotidien mais qu'on n'exprime pas. Elle raconte toutes les petits anecdotes de sa vie qu'elle ne veut pas oublier. Un geste, une parole blessants de sa mère. Une odeur. Un nom de rue. De personne. Un objet, une situation. On a tous des petites pensées comme ça en nous, non ? :D On ressent avec elle toutes ses émotions. On veut pleurer, crier ou rire avec elle. La serrer dans nos bras, la consoler. S'incruster comme une petite fourmi dans sa vie, mine de rien, et tout partager avec elle. C'est la fille qu'on aurait bien comme copine. A la fin de l'oeuvre, on a envie de relire la dernière page plusieurs fois afin de faire durer le plaisir, être avec elle une dernière minute, sachant que c'est la dernière, et profiter au mieux de chaque mot, chaque phrase. D'en retirer le plus possible. Et finalement, on a envie de dire "Merci. Merci Nathalie. Pour tout."

# Posté le mardi 27 janvier 2009 12:38

Modifié le mardi 19 mai 2009 02:14

Orgueil et préjugés, de Jane Austen.

Orgueil et préjugés, de Jane Austen.
Après avoir visionné le film, je n'avais qu'une envie : découvrir le style d'Austen. C'est chose faite, et chaque page d'Orgueil et préjugés est pour le moment un vrai régal !
Et ... Mr. Darcy $) :) hihi.





# Posté le dimanche 15 février 2009 10:15

Modifié le samedi 21 février 2009 13:30

Paris at Night.

Paris at Night

Trois allumettes une à une allumées dans la nuit
La première pour voir ton visage tout entier
La seconde pour voir tes yeux
La dernière pour voir ta bouche
Et l'obscurité tout entière pour me rappeler tout cela
En te serrant dans mes bras.

Jacques PRÉVERT, Paroles (1945)
©1972 Editions Gallimard
Paris at Night.

# Posté le samedi 07 mars 2009 07:43

" Un après-midi de septembre, je suis allée dans notre petite baie de bonheur, avec elle. Comme d'habitude, il n'y avait personne. L'eau était un peu froide. Je lui ai lu une dizaine de pages des Illusions perdues. Ce livre de Balzac m'avait impressionné que Le Père Goriot mais, quand elle a rattrapé une tortue entrre les pierres du lit où roulait le torrent, j'ai tout de même gravé avec mon canif la tête de deux personnages ambitieux, aux longs nez, sur la carapace de la bête, avant de la relâcher dans la nature. "

" Un après-midi de septembre, je suis allée dans notre petite baie de bonheur, avec elle. Comme d'habitude, il n'y avait personne. L'eau était un peu froide. Je lui ai lu une dizaine de pages des Illusions perdues. Ce livre de Balzac m'avait impressionné que Le Père Goriot mais, quand elle a rattrapé une tortue entrre les pierres du lit où roulait le torrent, j'ai tout de même gravé avec mon canif la tête de deux personnages ambitieux, aux longs nez, sur la carapace de la bête, avant de la relâcher dans la nature. "
Résumé

1968. Le président Mao lance une campagne de rééducation des "jeunes intellectuels". Les lycéens sont donc envoyés à la campagne pour être "rééduqués par les paysans pauvres". Le narrateur a 17 ans, son meilleur ami 18, au début du roman. Ils sont tous deux issus d'un milieu médical. Luo, par ses talents de conteur, leur permet de parfois s'évader à la ville assister à des séances de cinéma. Ainsi, ils rencontrent la Petite Tailleuse chinoise.
Un jour, par hasard, ils découvrent chez le Binoclard une valise, pleine de livres interdits. Le narrateur, comme Luo, en rêvent et sont capables de bien des choses afin de posséder quelques pages de ces livres de "Balzac, avec cinq ou six romans, suivi de Victor Hugo, Stendhal, Dumas, Flaubert, Baudelaire, Romain Rolland, Rousseau, Tolstoï, Gogol, Dostoïevski, et quelques anglais : Dickens, Kipling, Emily Brontë ...".

Critique

J'ai tout d'abord été surprise par l'écriture de Dai Sijie. Je ne connaissais pas l'auteur, et m'attendais à une écriture très soutenue, métaphorique. Or le vocabulaire est très simple, le langage vulgaire, parfois familier, ce qui entraîne une facilité à se concentrer sur les actions, nombreuses et au coeur du roman.
Le narrateur est un personnage très attachant, qui nous permet de nous évader à travers la montagne du Phénix du Ciel, de se libérer, se décontracter.
Un roman qui traîte donc le sujet de la place de la lecture, du pouvoir de la lecture qui dépasse finalement le contexte historique, franchit les barrières politiques et sociales. On nous raconte l'envie de partager une culture différente, inconnue dans ce monde, de transmettre, comme le fait Luo avec la Petite Tailleuse chinoise.
Une lecture donc très agréable, divertissante, qui paraît dans une premier temps assez naïve, mais finalement très profonde. Je vous le recommande pour passer quelques bonnes soirées d'évasion (il se lit très vite!) .

# Posté le vendredi 20 mars 2009 12:59

Modifié le mardi 19 mai 2009 02:20