La Seconde Surprise de l'amour, de Marivaux.

La Seconde Surprise de l'amour, de Marivaux.
Résumé

Alors que la Marquise se meurt dans un total désespoir amoureux, Lisette, sa dévouée femme de chambre persiste à chercher à amener le bien-être de sa maîtresse. La Marquise a pour unique passe-temps la lecture, qui lui est apportée par Hortensius. Ce pauvre homme vit uniquement de ses livres, qu'il vend à la Marquise. Il s'éprend d'amour pour Lisette, qui se fiche bien de lui, amoureuse de Lupin, le valet du Chevalier. Lisette, afin de redonner le sourire à sa maîtresse, voyant qu'elle est de plus en plus proche du Chevalier, imagine un stratagème avec Lupin afin que leurs maîtres se marient. Ainsi, elle demande au Chevalier, sans l'avis de la Marquise, s'il veut épouser celle-ci, qui d'ailleurs se voit ensuite outrée par cette ruse. On a ici deux opposants : le Comte, totalement épris de la Marquise et Hortensius, qui se verra predre son emploi si la Marquise retrouve sa joie de vivre car la lecture ne lui sera plus d'aucune utilité. Ainsi, le principal intérêt de cette comédie de Marivaux est l'évolution des sentiments amoureux et les rebondissements de l'amour.
Cette pièce de théâtre est une comédie, tout d'abord par les différents comiques : de mots, de gestes et de situations, mais aussi car la pièce se termine par un mariage, ce qui annonce joie et bonheur, ce qui est caractéristique de la comédie. Néanmoins, elle échappe de ce genre par l'évocation de la mort de mari de la Marquise, à la base de l'intrigue. La mort, la tristesse, le désoeuvrement sont généralement absents de la comédie.

Critique

Cette comédie en trois actes de Marivaux présente des personnages, une intrigue et un style caractéristiques du théâtre du XVIIIème siècle. On découvre des personnages sensibles, très attachés les uns aux autres. Un sentiment d'amour et d'entraide les lie. Ainsi, ces personnages sont très attachants, tout particulièrement Lisette, femme de chambre amoureuse et dévouée à sa maîtresse. L'intrigue est assez classique, mais... ça me plaît toujours. Deux valets qui s'allient et se dévouent pour le bonheur de leurs maîtres, qui présentent tact et malice malgré leur bas statut au niveau de l'échelle sociale. Le personnage d'Hortensius reste aussi attachant au niveau de l'intrigue, malgré son statut d'opposant. Finalement, le style de Marivaux est très simple, facile à lire ; il est très fluide, coule, mais n'en est pas moins porteur d'idées, et amène le lecteur au coeur de l'intrigue.

# Posté le lundi 01 juin 2009 09:54

Modifié le samedi 06 juin 2009 12:15

Le Mariage de Figaro, de Beaumarchais.

Le Mariage de Figaro, de Beaumarchais.
Quelques mots sur l'auteur

Beaumarchais est né en 1732. Il est connu pour sa réussite sociale hors du commun, partant du simple fils d'horloger, puis horloger de la Cour, maître de musique des filles de Louis XV, agent secret de Louis XVI, trafiquant d'armes. Il est impliqué dans de longs procès, dont il s'inspire ensuite pour critiquer la justice de son temps. Il remporte son premier succès en 1775 avec le Barbier de Séville ; il se bat contre la censure, notamment pour faire jouer Le Mariage de Figaro. Beaumarchais incarne, comme son héros Figaro, l'activité inlassable et l'esprit frondeur de la bourgeoisie du siècle des Lumières.

Résumé

Cette pièce de théâtre est la deuxième oeuvre de la trilogie de Beaumarchais, Entre Le Barbier de Séville et La Mère coupable, cette pièce s'inscrit dans le siècle des Lumières. C'est une comédie en cinq actes, écrite en 1778. Beaumarchais y remet en scène les principaux personnages du Barbier de Séville : Figaro, le Comte, la Comtesse, Bartholo.
La scène se déroule au château du Comte Almaviva, le jour de noces de Figaro et Suzanne. Le Comte, commencant à s'ennuyer de la Comtesse, est à la recherche d'aventures et compte donc exercer son "droit de cuissage" sur le jolie fiancée de Figaro. Aidé par Bazile, le Comte le fait comprendre à Suzanne, qui dit tout à Figaro et la Comtesse. Ainsi, une coalition se forme, qui triomphera face au Comte et se fera piéger lors d'un faux rendez-vous galant. Alors, il présentera ses excuses à la Comtesse à genoux, tandis que Figaro épouse enfin Suzanne. L'intrigue est enrichie par d'autres personnages comme Marceline et Chérubin. Le monologue de Figaro, acte V scène 3, est resté célèbre tant pour sa longueur que pour les dénonciations de Figaro. On retire de cette oeuvre des citations maintenant célèbres, comme " Prouver que j'ai raison serait accorder que je puis avoir tort".

Mon avis

J'ai lu cette pièce pour les cours, que nous avions étudiée en oeuvre intégrale. Je l'ai lue dans la précipitation, un peu noyée sous le travail de fin d'année. J'ai pas vraiment l'habitude de lire du théâtre, j'avoue avoir un peu de mal et heureusement que j'avais assisté à la représentation de la Comédie Française en octobre dernier. J'ai été séduite par les personnages de Figaro, Suzanne, la Comtesse, pleins de vie et de malice, et surtout notre cher Chérubin, amoureux de l'amour, rêveur et si attendrissant. L'intrigue nous réserve de nombreux rebondissements, néanmoins, chaque pièce que j'ai étudiée repose sur le même principe : des histoires entre les maîtres, leurs valets, pronfondément attachés à eux, ont le rôle d'adjuvants et finalement, tout le monde finit bien heureux, dans la joie, la bonne humeur et l'amour. Un peu bateau, mais finalement, ça passe toujours. Alors oui, j'ai passé un bon moment, et je vous recommande cette lecture.



Vous pouvez retrouver l'adaptation de la pièce
en opéra par Mozart et Lorenzo da Ponte ici :
Les noces de Figaro

# Posté le lundi 01 juin 2009 11:16

Modifié le samedi 13 juin 2009 08:36

" Qu'on imagine maintenant un homme privé non seulement des êtres qu'il aime, mais de sa maison, de ses habitudes, des ses vêtements, de tout enfin, littéralement tout ce qu'il possède : ce sera un homme vide, réduit à la souffrance et au besoin, dénué de tout discernement, oublieux de toute dignité : car il n'est pas rare, quand on a tout perdu, de se perdre soi-même ; ce sera un homme dont on pourra décider de la vie ou de la mort le coeur léger, sans aucune considération d'ordre humain, si ce n'est, tout au plus, le critère d'utilité. "

" Qu'on imagine maintenant un homme privé non seulement des êtres qu'il aime, mais de sa maison, de ses habitudes, des ses vêtements, de tout enfin, littéralement tout ce qu'il possède : ce sera un homme vide, réduit à la souffrance et au besoin, dénué de tout discernement, oublieux de toute dignité : car il n'est pas rare, quand on a tout perdu, de se perdre soi-même ; ce sera un homme dont on pourra décider de la vie ou de la mort le coeur léger, sans aucune considération d'ordre humain, si ce n'est, tout au plus, le critère d'utilité. "
Résumé

Primo Levi témoigne dans cette autobiographie de son expérience dans les camps de concentration durant la Seconde Guerre Mondiale. Un récit tout à la fois dur et terriblement émouvant, par la profondeur et la véracité des propos. Primo Levi donne dans sa préface la raison de l'écriture de son livre : " c'est avant tout en vue d'une libération intérieure ". Cette autobiographie s'annonce franche et marquante dès la première ligne : " j'avais été fait prisonnier par la Milice fasciste le 13 décembre 1943 ". On comprend de suite que Levi a su prendre du recul sur cette tragique expérience et qu'il est prêt à en parler de manière objective. Le récit commence donc par l'arrestation de Primo Levi. Il se termine au moment où Levi et ses compagnons de baraque quittent le camp, délaissé par les allemands et la quasi totalité des prisonniers. Levi évoque plusieurs aspects de la vie au camp. A commencer par la faim, insoutenable, omnibulante. Le froid paralyse leurs membres, et tout effort devient violent. Tiraillés par la faim, le froid, le travail devient insurmontable, risque du tuer à tout moment. Alors, les prisonniers développent leur sens pratique. Comment se faire des vêtements, des petits objets utiles, comment économiser une ration de soupe, de pain. Comment voler ses camarades. Levi raconte la vie du camp, l'humiliation que les Kapos leur font subir, les blessures de tous les jours, les rares moment de lucidité qui leur rappelle comment c'était avant cette vie qu'ils mènent désormais comme... quelque chose de normal, une habitude pleine de souffrances, mais les prisonniers subissent. Le but de la survie : attendre le jour où ça changera, attendre la vague d'espoir qui les délivrera.

Mon avis

Comment ne pas être touché par un témoignage aussi franc, aussi sincère, aussi réel ? Levi nous fait part d'une objectivité troublante. On n'y trouve aucune trace de haine envers les allemands. Aucune rancoeur, aucun désir de vengeance. Après la lecture de ce récit, on n'a qu'une envie, c'est de lancer toutes sortes d'injures envers ces hommes qui ont séquestré tant d'hommes, qui ont organisé un tel génocide, endoctriné la population ! Et lui reste calme. C'est vrai que son écriture est pleine de calme, de tranquillité. Pas de violence. Dans la raison, cet auteur est vraiment admirable. Il a survécu, s'est battu, chaque minute, chaque heure, chaque jour. Combattre la souffrance. Dans une volonté de survie continuelle. Un témoignage vraiment magnifique, plein de sincérité, et au passage, un réel témoignage historique, précis, de la vie des prisonniers dans les camps, qui permet de voir, les temps de presque 300 pages, de l'autre côté du rideau.

# Posté le dimanche 14 juin 2009 05:12

Modifié le vendredi 10 juillet 2009 14:04

Les Liaisons dangereuses, de Pierre Choderlos de Laclos.

Les Liaisons dangereuses, de Pierre Choderlos de Laclos.

>> Pierre-Ambroise Choderlos de Laclos grandit à Paris au XVIIIème siècle. Rêvant de gloire militaire depuis le plus jeune âge, il est promu lieutenant en 1765, alors qu'il a 24 ans. Il rédige Les Liaisons dangereuses en 1782, qu'il fait paraître signées de ses seules initiales.
Le livre connaît un réel succès, à la hauteur du scandale qu'il provoque : il est accusé "d'adapter à l'amour les stratégies de la guerre". Jugé comme roman immoral, Les Liaisons dangereuses ont néanmoins traversé les siècles pour devenir un sommet du roman français, tant par leur justesse psychologique que par la perfection de leur style.

Mon avis
Les Liaisons dangereuses... A la vue du titre seul je frémissais déjà, comme devant une montagne infranchissable. Et que pourtant je devais traverser, malgré les préjugés. Après une première tentative de lecture qui m'avait totalement dégoûtée car je n'avais pas réussi, et avais lâché la lecture assez rapidement, j'ai apporté ce classique dans mon sac pour l'Espagne. Alors je me suis étonnée moi-même : je l'ai dévoré. Dans la voiture, à la plage, avant de dormir... dès que possible, je l'ouvrais, rien que pour lire une lettre en cinq minutes. Au début, j'aimais les lettres de Cécile Volanges au Chevalier Danceny et vice versa. J'aimais la sensibilité des deux êtres, leurs déclarations enflammées, leur gène continuelle. Je détestais celles de la Marquise Merteuil et du Vicomte. Ces deux personnes manipulatrices, obsédées par la toute-puissance, méprisables car plein de mépris pour les autres. Puis, au fur et à mesure de la lecture, j'ai su apprécier ses deux êtres. On s'fait peut-être avoir en fait, car plus on découvre leurs plans machiavéliques, plus on les apprécie. Mais ils apparaissent comme les seules personnes intelligentes et vives d'esprit du livre, alors que Cécile Volanges, la douce, la fragile, nous paraît en fait assez niaise, tout comme le Chevalier Danceny. Aveuglés par leur amour l'un pour l'autre, ils subissent les manigances des uns et des autres pour si livrer au bout du compte au libertinage. Serait-ce l'amour qui nous rend finalement si vulnérable ?
Après cette lecture, j'appréhende de manière beaucoup plus sereine mon année de terminale (ce livre est au programme de TL). Elle est néanmoins exigeante, longue pour la plupart des lecteurs je pense, mais elle vaut le coup selon moi. Alors hop hop hop, tous au Liaisons dangereuses ! :)

# Posté le vendredi 10 juillet 2009 14:05

Modifié le dimanche 01 novembre 2009 12:32

Le Sumo qui ne pouvait pas grossir, d'EE Schmitt.

Le Sumo qui ne pouvait pas grossir, d'EE Schmitt.
>> "Le Sumo qui ne pouvait pas grossir" est le cinquième volume du "Cycle de l'invisible", qui en comportera huit. Après Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, Eric-Emmanuel Schmitt continue de mêler enfance et spiritualité dans cette oeuvre, considérée comme un conte philosophique.

. Enfin une lecture "plaisir". Chaque élève sérieux et assez débordé durant l'année scolaire comprendra que, après avoir croulé sous travail et lecture pendant un an, la première lecture plaisir est une réelle bouffée d'oxygène ! J'ai adoré ce livre avant de l'avoir commencé. Et en une heure, sur la plage, il a été lu, d'un trait.

. C'est d'abord l'histoire d'un adolescent, Jun. Il a quinze ans, vit à Tokyo, dans la rue. Jun n'a pas d'amis, ne connaît personne. C'est un jeune homme efflanqué, violent, qui vit complètement renfermé sur lui-même. Il cherche simplemet à avoir le moins de contacts possibles avec les autres. Et avec lui-même aussi. Chaque jour, chaque matin, un vieillard vient à sa rencontre et lui lance cette phrase "Je vois un gros en toi.". Sans explication. Puis un jour, il répondra à l'invitation de cet homme, et découvrira ainsi les matches de sumos, ces énormes lutteurs, réels athlètes. Et c'est finalement pour lui une réelle conversion ; il comprend que la violence n'a pas de fin, qu'à la ritualiser, on peut apprendre quelque chose sur soi et à se dominer soi-même. Il s'agit en fait pour Jun, pas simplement de grossir, mais surtout de grandir à travers le bouddhisme et l'épanouissement de soi. Traumatisé par sa vie, ses parents, son passé, cette domination de soi l'aidera à découvrir la vérité, à évoluer, pour finalement devenir un homme. Ainsi, cette nouvelle oeuvre d'EE Schmitt est aussi un récit d'apprentissage.

A travers sa plume légère, Eric-Emmanuel Schmitt nous fait encore partager l'histoire de son héros, Jun, dans un Japon mystique. On retrouve les caractéristiques habituelles de l'ensemble de son oeuvre : une écriture facile d'accès, claire et agréable, le récit d'apprentissage du héros, des personnages atypiques, la force de la volonté, la barrière faite au destin et la prise en main d'un personnage. Une histoire magnifique qui touche droit au coeur, et que je recommande à tout le monde.

Un roman bel et bien signé Eric-Emmanuel Schmitt.

# Posté le samedi 12 septembre 2009 11:37

Modifié le samedi 03 octobre 2009 08:17